(…)
Tu ne dis rien. La fenêtre est refermée. Le lys, fané. Le temps n’aurait plus de langage,
Et tu te surprends à relire quelques pages de ce livre qu’a laissé l’Ange,
En prédisant quelques bleus dans le ciel de la chambre pour d’autres soirs imprévus.
Tu éteins une lampe. Tu ne jalouses plus. Le poison reste sur la table.
Tu n’as pas fui. Et L’Ange se souviendra, fidèle. Sa mort te ressemblera.
Tu as conjuré d’autres signes où l’alibi de la nuit n’a pas laissé de traces.
Tu as connu Le Corps de L’Ange, et ce huis-clos est celui de nos yeux soudain morts.
Le miroir. Le fouet. Le nom de l’étoile sur le libellé des consomptions.
Vierge, comme noire, le bleu du manteau signe celui que la foudre maudit.
Tous tes bijoux gravés ne seront pas perdus quand reviendra L’Ange ténébreux,
Pour desceller le livre, parfaire ta demeure, conclure ton alliance.
Christian Gabriel Le Guez Ricord
In Le Cantique qui est à Gabrielle
Éditions le Bois d’Orion, 2005